Pierre Michelot Jean Claude

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Communication patrimoniale et construction identitaire dans un contexte de colonialité

« Vous et moi, nous n’entrerons pas en guerre pour les questions d’inégalités économiques et sociales. Cependant, pour des facteurs culturels tels que Dieu, la liberté, la mémoire, la langue, les présentations, les symboles, les histoires, nous sommes prêts à mourir. »

Dominique Wolton

« Vous et moi, nous n’entrerons pas en guerre pour les questions d’inégalités économiques et sociales. Cependant, pour des facteurs culturels tels que Dieu, la liberté, la mémoire, la langue, les présentations, les symboles, les histoires, nous sommes prêts à mourir. » Ces phrases de Wolton (2019) accusent le retour en force des revendications identitaires au 21e siècle tout en résumant les enjeux de la cohabitation des identités culturelles, tant au niveau national qu’au niveau des relations internationales.

Aussi, cette communication, qui s’intéresse à la réalité des pays du Sud anciennement colonisés, vise à analyser le rôle de la communication patrimoniale dans la construction identitaire en nous focalisant sur trois aspects clés tributaires du couple patrimoine/identité, à savoir : la cohésion sociale, le besoin d’ancrage identitaire dans le contexte de la mondialisation et le rapport de ces pays avec le monde international dans un contexte de colonialité. Dans une démarche d’étude de cas basée sur une série d’entretiens libres, l’analyse documentaire et l’observation en ligne, nous avons entrepris d’analyser les pratiques communicationnelles de plusieurs institutions publiques d’Haïti directement concernées par le sujet.

Les analyses présentées font état d’un besoin de politique de communication publique capable d’atténuer les risques de conflits liés à l’usage de la fonction identitaire du patrimoine, tout en favorisant de nouveaux rapports au monde.

Enjeux et opportunités d’un tramway à Québec

« Enjeux et opportunités du Tramway à Québec », tel a été le thème de cette grande conférence organisée à l’Université Laval le mardi 2 avril 2024. En tant que Directeur de la Chaire publique Aeliés / Néo, j’ai eu l’immense privilège de coordonner cet événement qui a rassemblé plus d’une centaine de participants ainsi que plusieurs intervenants de renom.

Vous pouvez suivre ici mon discours d’introduction à cette conférence.

Parmi les personnalités présentes, nous avons eu l’honneur d’accueillir François Gélineau, Vice-recteur aux affaires internationales et au développement durable; Jean-Yves Duclos, Ministre des Services publics et de l’Approvisionnement ; Pascal Paradis, député de Jean-Talon; ainsi que nos trois éminents panélistes, les professeur.e.s Jean Dubé, Marie-Hélène Vandersmissen et Dominic Villeneuve.

L’introduction d’un nouveau réseau structurant de transport en commun à Québec, sous la forme d’un tramway, suscite actuellement des débats passionnés. Ce projet est soutenu par l’Université Laval, l’AELIÉS et divers autres organismes, tous convaincus de ses bienfaits potentiels. Cette conférence a ainsi offert une précieuse occasion pour échanger et réfléchir sur les enjeux et les opportunités qu’un tel projet engendre.

Réunir des experts, des décideurs politiques, des représentants de la société civile et des citoyens intéressés est au cœur de la mission de la Chaire publique AELIÉS / Néo. Depuis plus de 25 ans, nous nous consacrons à la vulgarisation scientifique et à la promotion de discussions éclairées sur des sujets d’actualité pertinents.

Je tiens à remercier chaleureusement tous les participants et intervenants pour leurs contributions enrichissantes. Leur engagement et leurs perspectives variées ont permis d’enrichir le débat et de mieux comprendre les implications d’un projet de tramway pour notre belle ville de Québec.

La fracture numérique comme entrave à la diversité culturelle

« La fracture numérique comme entrave à la diversité culturelle », tel a été le thème de mon intervention le 28 novembre 2022 à ce cet important colloque sur la Francophonie numérique et la diversité culturelle organisé par Université de Tunis (Tunisie) et l’Institut international pour la Francophonie de l’Université Jean Moulin Lyon 3.

Je vous propose ici un résumé de ma communication à ce colloque :

États, organisations internationales et communauté scientifique sont de plus en plus enclins à reconnaître la nécessité de conserver les objets culturels patrimoniaux, de sauvegarder, d’entretenir, puis de transmettre ces héritages considérés comme de puissants facteurs de développement et de construction identitaire. Cela explique toute l’importance de la patrimonialisation qui implique, entre autres, la mise en valeur du symbolisme de ces objets afin que les publics concernés puissent en prendre connaissance, en prendre conscience et accepter la nécessité de participer à leur conservation. Aussi, la communication patrimoniale, prise dans sa double dimension théorique et technico-pratique, est devenue un enjeu majeur pour les pays du sud anciennement colonisés dans la mesure où ces derniers se trouvent dans la nécessité de forger un nouvel imaginaire de l’avenir et de reconstruire une estime de soi affectée par des décennies d’aliénation. D’où, la préoccupation première de cette communication qui se concentre sur le rôle des pratiques communicationnelles dans la mise en valeur du patrimoine culturel dans les pays du sud.

N’ayant pas la prétention d’offrir une vue encyclopédique de la réalité d’une diversité de pays ou d’institutions, ma présentation, dans une démarche d’étude de cas, se limite à l’analyse des pratiques communicationnelles d’une institution publique en Haïti, à savoir l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN). Ici, Haïti n’est pas considéré en tant qu’un pays isolé, mais en tant qu’un exemple de pays du Sud ou encore un peuple qui partage des réalités historiques, économiques et politiques communes avec de nombreux pays du Sud anciennement colonisés.


L’analyse proposée part de la reconnaissance des atouts offerts par l’essor des technologies numériques de la communication pour la libre circulation des idées et des informations à travers le monde et, donc, pour une meilleure connaissance des cultures, le déracinement de certains préjugés et l’amélioration des rapports entre les nations grâce à une valorisation adéquate des objets culturels patrimoniaux. Toutefois, les progrès techniques marchent de pair avec la fracture numérique, traduite, entre autres, par un déséquilibre dans l’utilisation des moyens de la communication. S’ensuit, en conséquence, une double méconnaissance : les communautés nationales et locales méconnaissent leurs propres réalités sociales, alors que les vraies réalités des pays du sud sont absentes de la scène internationale. D’où le questionnement fondamental qui traverse cet exposé : comment valoriser adéquatement les objets culturels patrimoniaux dans un contexte de crise patrimoniale généralisée, sachant qu’en tant que construction sociale, l’existence du patrimoine nécessite une appropriation par les différents acteurs grâce à des pratiques communicationnelles adéquates ?


L’analyse fait état de la volonté des dirigeants haïtiens de promouvoir le patrimoine culturel, mais souligne le besoin de définir une stratégie de communication patrimoniale et de mettre en place une politique culturelle adéquate. L’essor des moyens de communication, tout en offrant de sérieux atouts pour la mise en valeur des richesses culturelles à des fins de construction identitaire, peut autant contribuer à occulter la culture des peuples en proie à la fracture numérique. Le cas d’Haïti offre l’occasion d’actualiser ce débat en insistant sur l’urgence de pratiques communicationnelles adéquates inscrites dans le cadre global d’une politique culturelle prenant en compte les enjeux d’une stratégie de communication patrimoniale face aux défis de construction identitaire, de développement et de nouveaux rapports avec le monde.

La francophonie des Peuples autochtones

Le 23 novembre 2023, j’ai eu l’immense plaisir de faire partie de l’équipe organisatrice d’une table ronde d’une importance capitale, intitulée « La francophonie des Peuples autochtones : valorisation et mise en visibilité médiatique et dans l’espace public », qui s’est tenue à l’Université Laval. Cet événement, organisé par le Département d’information et de communication de l’université, en collaboration avec plusieurs partenaires prestigieux, a mis en lumière un sujet souvent négligé mais crucial : la place des Peuples autochtones au sein de la francophonie.

L’évènement, dont l’Université Laval est l’hôte officiel, est organisé par le Département d’information et de communication, l’Agora francophone, l’Institut du patrimoine culturel (IPAC), l’Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF) et Accès savoirs, en partenariat avec le Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT), le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA), la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, le Collectif pour la promotion du patrimoine immatériel en francophonie, la Nation huronne-wendat, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, le Centre de la francophonie des Amériques et la Chaire publique de l’AELIÉS.

Communication du patrimoine culturel dans les pays du Sud

Les objets culturels patrimoniaux constituent un important vecteur de construction identitaire, notamment pour les pays du Sud anciennement colonisés qui se trouvent dans la nécessité de forger un nouvel imaginaire de l’avenir et de reconstruire une estime de soi affectée par des décennies d’aliénation. Comment valoriser adéquatement ces objets dans un contexte de crise patrimoniale généralisée sachant qu’en tant que construction sociale, l’existence du patrimoine nécessite une appropriation par les différents acteurs, dont les communautés locales? Face à ce défi, l’essor des moyens de communication, en facilitant la promotion et à la médiation culturelle, offre de grands atouts aux acteurs. Ce qui amène à remettre en question le rôle des pratiques communicationnelles des institutions étatiques.

Aussi, notre communication présente-t-elle un état des lieux de l’utilisation de la communication par deux institutions étatiques haïtiennes (ISPAN et BNE) dans le cadre des activités visant la valorisation du patrimoine culturel d’Haïti. Les résultats obtenus grâce à une triangulation méthodologique (entretien libre, analyse documentaire, observation en ligne) font état d’une forte volonté de faire connaître le patrimoine; laquelle volonté est toutefois en butte à des obstacles entraînant une sous-exploitation des outils disponibles. Dans une démarche de recherche-action, différentes recommandations ont été faites en vue d’une amélioration des pratiques communicationnelles observées.

Engagement social : quel avenir pour le mieux-être collectif?

Cette 5e conférence Pour en savoir plus, de l’Université Laval, en partenariat avec la Chaire publique AELIÉS a été consacrée à une discussion sur les nouvelles perspectives de l’engagement social. Quatre panélistes ont partagé tour à tour leurs connaissances et impressions tout en répondant aux questions du public: Dan Furukawa Marques, Geneviève Cloutier, Laura Monetta et Pierre Michelot Jean Claude.

La conférence a été animée par Luc Audebrand, professeur au Département de management de la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (FSA ULaval), où il est responsable de la Chaire de leadership en enseignement sur l’engagement social.

Sur les 24 heures dont chaque personne dispose dans une journée, quelle proportion est consacrée au service des autres ou d’une cause plus grande que soi? Peut-on imaginer que cette proportion augmentera dans les prochaines années pour répondre aux changements sociétaux?

Plusieurs enjeux et transformations pourraient effectivement nous pousser à repenser notre rôle social. Le déclin démographique, la pénurie de main-d’œuvre et l’incapacité des acteurs gouvernementaux et communautaires de suffire à la tâche ne sont que quelques-uns des éléments qui commandent un changement en profondeur de la perception que chacun et chacune de nous a du rôle qu’il peut jouer pour le mieux-être collectif.

Le patrimoine en transformation

J’ai été heureux de participer à la célébration de la Journée Internationale des Monuments et des Sites 2023, organisée le 8 avril dernier par la Chaire UNESCO en Histoire et Patrimoine de l’Université d’État d’Haïti (CUHP-UEH) et l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN). Le thème de cette année, « Patrimoine en transformation », a permis de mettre en lumière les enjeux essentiels et les défis actuels de la préservation du patrimoine.

Dans ma courte intervention, j’ai tenu à souligner l’importance cruciale de la préservation de notre patrimoine pour le développement économique et social d’Haïti. Notre patrimoine peut stimuler la cohésion sociale et contribuer au développement durable. Les discussions ont contribué à renforcer notre engagement commun à œuvrer pour la préservation de notre riche patrimoine culturel et naturel, pour le bien-être des générations futures.

L’éducation aux médias à l’ère du numérique

Le 20 décembre 2022, j’ai eu le plaisir de prononcer cette conférence sur l’éducation aux médias à l’ère du numérique en mettant l’accent sur l’importance de la liberté d’expression dans notre société actuelle, notamment avec la montée en puissance des réseaux sociaux. Cette conférence a été l’occasion de souligner l’importance cruciale de la liberté d’expression, un droit fondamental inscrit dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.


À l’ère des réseaux sociaux, la communication et le partage d’informations ont été révolutionnés, transformant ces plateformes en véritables espaces publics où chacun peut s’exprimer sur des sujets variés. Toutefois, cette liberté d’expression s’accompagne d’une grande responsabilité. Il est vital que les utilisateurs, en tant que citoyens numériques, soient pleinement conscients de leurs droits mais aussi de leurs devoirs, notamment en ce qui concerne la protection de leurs données personnelles et le respect des droits d’autrui.

Durant mon intervention, j’ai insisté sur le fait que la régulation de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux devrait principalement reposer sur des bases éthiques plutôt que légales. Cette approche éthique permet à chaque individu de juger de manière autonome ce qu’il peut exprimer, en tenant compte de ses propres valeurs et croyances. Néanmoins, cette liberté peut parfois mener à des conflits entre diverses opinions et idées, rendant la prudence un principe essentiel pour maintenir une coexistence pacifique.
Il est impératif que les citoyens numériques apprennent à utiliser la technologie de manière sage et responsable, tout en étant conscients de la nécessité de se former continuellement pour s’adapter aux changements rapides induits par le numérique.

#confronter_réunir: 20e Colloque interuniversitaire en communication de l’AÉMDC-UQAM

Le 20e Colloque interuniversitaire en communication de l’AÉMDC-UQAM s’est tenu en mai 2022 sur le thème #confronter_réunir.

J’ai eu plaisir de prononcer la conférence d’ouverture à ce colloque en accent mon intervention sur l’impact de la fracture numérique sur la mise en valeur du patrimoine culturel dans les pays du sud.

L’analyse de la fracture numérique a un impact considérable sur la diversité culturelle, particulièrement dans les pays du Sud. En Haïti, l’absence de stratégie de communication numérique freine la valorisation des richesses patrimoniales, actualisant un débat relativement ancien sur le nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NOMIC). Les progrès technologiques des dernières décennies, bien que facilitant l’interconnexion mondiale, n’ont pas éliminé les déséquilibres, exacerbant parfois l’exclusion et la désinformation.

Le patrimoine culturel, essentiel à la construction identitaire, doit être soutenu par des pratiques communicationnelles adéquates. Dans de nombreux pays du sud, l’absence d’une telle stratégie constitue une perte pour la reconnaissance internationale de ses singularités culturelles. La révolution numérique offre des opportunités que Haïti risque de manquer, mettant en lumière la nécessité urgente d’une politique de communication patrimoniale efficace pour les pays du Sud.